Le nouvel an des arbres 
 

C'est au 15ème jour du mois de Chevat dans le calendrier juif que les arbres les plus précoces

de la terre d’Israël émergent de leur sommeil hivernal et entament alors un nouveau cycle

de floraison.

La fête de Tou Bichevat est traditionnellement célébrée en consommant des fruits, en

particulier ceux à travers lesquels la Torah fait l’éloge de l’abondance de la Terre Sainte :

raisins, figues, grenades, olives et dattes sont alors dégustés.

 

En ce jour du nouvel an des arbres, c'est alors l'occasion de se rappeler que « l’homme est

un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19).

Nous pouvons alors méditer sur les leçons qu'il est possible d'apprendre de cette double notion botanique. En cultivant des racines profondes, notre foi en D.ieu et notre engagement dans ses voies, nous produisons alors de nombreux fruits, appelés Torah et Mitsvot. Nos âmes qui sont nourries par des racines profondes et qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous même alors tournés vers le ciel et tout en nous tenant fermement sur le sol lorsque nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Les cycles de la matrice terre

La date du 15 Chevat est retenue comme date du nouvel an des arbres car dans l’espace méditerranéen, la saison des pluies commence à la fête de Souccot et qu'il faut ensuite environ 4 mois, depuis Souccot (le 15 Tichri), jusqu’au 15 Chevat, pour que les pluies de la nouvelle année saturent le sol et les arbres et produisent des fruits. Nos sages ont établi qu’un fruit dont la floraison s’est faite avant le 15 Chevat appartient à la récolte de l’année précédente ; si la floraison s’est faite après, c’est un fruit de la  "nouvelle année".

Les céréales et les légumes ont quant à eux le même nouvel an que nous autres humains, soit le 1er Tichri.

A savoir que dans la loi juive, le nouvel an des arbres est lié avec les diverses dîmes qui doivent être prélevées sur les produits agricoles de la Terre Sainte. Les règles au sujet des dîmes varient selon les années.

# la Chemitah

   Il s'agit d'un cycle agricole de 7 ans qui s’achève par une année sabbatique, appelée Chemitah.

   Durant cette année ; aucune dîme n’est prélevée ; tous les produits de la terre qui poussent cette année-là sont alors considérés sans propriétaire         et quiconque peut les prendre.

# le Maaser Chéni

    Lorsque le Saint Temple se tenait à Jérusalem, la première, la seconde, la quatrième et la cinquième année de ce cycle, les fermiers devaient                prélever une seconde dîme de leur récolte et la consommer à Jérusalem. Cette dîme s’appelle Maasser Chéni, la Seconde Dîme, car elle s’ajoute          aux 2% qui doivent être données au Cohen et aux 10% donnés au Lévite. Les troisième et sixième années du cycle, la seconde dîme est donnée          aux pauvres qui pouvaient la consommer où bon leur semble.

Coutumes 

Il est de tradition de manger des fruits ce jour-là, le mieux étant de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël :

olives, dattes, raisins, figues et grenades.

# bénédiction sur les fruits 

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets

Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre

Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé

Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion

De par la nature festive de ce jour, nous omettons les Ta’hanoun (demande de pardon de nos fautes et confessions) lors des prières.

Certains ont la coutume de manger du caroube.

 

Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quant à lui 15 sortes de fruits en ce jour !

L'  essentiel

Célébrer le plaisir
Une interprétation mystique de Tou BiChevat

par David Aaron

 
La célébration de Tou BiChevat – le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat – n’est pas mentionnée dans la Bible.

La plus ancienne référence à cette fête se trouve dans le Talmud, dans lequel Tou BiChevat est appelé « le Nouvel An des arbres ».

Le Talmud n’attribue une importance à cette date que relativement aux lois du prélèvement des dîmes agricoles.

Il y a de cela environ 500 ans, les Kabbalistes révélèrent le sens profond de Tou BiChevat.

Ils enseignèrent que cette fête est un jour propice pour réparer la faute d’Adam et Ève.

De façon surprenante, par le simple fait de consommer des fruits lors du dîner festif de Tou BiChevat,

nous pouvons contribuer à cette réparation cosmique (« tikoun »).

Mais de quelle manière ? Comment « réparons-nous » la transgression d’Adam et Ève selon les Kabbalistes ?

Tout d’abord, analysons quelle fut cette transgression et ensuite nous pourrons comprendre le sens mystique

de la fête de Tou BiChevat et la raison pour laquelle nous la célébrons en mangeant des fruits.

De façon surprenante, par le simple fait de consommer des fruits lors du dîner festif de

Tou BiChevat, nous pouvons contribuer à la réparation cosmique de la transgression

d’Adam et ÈveLa Torah relate que D.ieu plaça Adam et Ève dans le jardin pour

« le cultiver et le garder »1 La tradition orale du Judaïsme enseigne qu’il s’agissait

là des devoirs et des interdictions de la Torah.

Les devoirs sont appelés les « mitsvot positives » et les interdictions, les « mitsvot négatives ».

 

Adam et Ève n’eurent que très peu de devoirs à accomplir :

« Mangez de tous les fruits du jardin » et leur seule interdiction fut de ne pas manger du fruit

de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du

Mal. Quelle est la signification de cela ?

La Torah enseigne que D.ieu créa le monde de sorte que nous puissions connaître le bien en général, et Sa bonté en particulier.

Ressentir Sa bonté – s’attacher à D.ieu – constitue la plus grande joie que l’on puisse imaginer.

D.ieu nous donne la capacité de nous attacher à Lui en œuvrant dans le sens de Son plan pour la création.

Tout comme nous nous sentons liés aux personnes pour le bien desquelles nous agissons, le service de D.ieu nous permet de nous lier à Lui.

 

Paradoxalement, servir D.ieu est une forme de service de soi, car cela procure un profond sentiment de plénitude et de bonheur.

Si nous consommons et apprécions les fruits de ce monde dans l’esprit de servir D.ieu par cela – car c’est ce qu’Il nous demande –, alors nous sommes pleinement dans le service de D.ieu et nous nous attachons à Lui par cela. À ce moment, notre service de D.ieu consiste en notre reconnaissance que les fruits de ce monde sont autant de cadeaux qu’Il nous fait et en les acceptant et en en jouissant consciemment.

De fait, à la source de la vie juive se trouve le plaisir : le bonheur de se lier à D.ieu. Nous nous relions à Lui en Le servant, et cela implique d’obéir à Son commandement de profiter des fruits de ce monde.

Lorsqu’ils étaient dans le Jardin d’Eden, l’obligation d’Adam et Ève consistait exclusivement en jouir de tous les succulents fruits du jardin, à l’exception notable d’un unique fruit défendu. Évidemment, c’est celui-là qu’ils s’en furent manger.

Cette faute illustre à quel point ils méconnaissaient le véritable sens du plaisir.

 

Plutôt que de considérer que les fruits sont agréables parce qu’ils sont les cadeaux de D.ieu et d’en retirer un plaisir dans le cadre de leur service de D.ieu, ils voulurent les consommer indépendamment de leur relation avec D.ieu, ce qui était, de fait, contre Sa volonté.

L’art de recevoir


Comme nous l’avons expliqué, le véritable bonheur est de ressentir une connexion avec D.ieu.

Nous ressentons le summum du plaisir spirituel lorsque nous éprouvons les plaisirs matériels de ce monde dans le cadre de notre service divin.

Alors, l’acte de recevoir et de jouir des bienfaits que D.ieu nous prodigue est remarquablement transformé en un acte de dévotion désintéressé.

Nous pouvons désormais comprendre que l’unique désir de D.ieu en donnant à Adam et Ève ces deux mitsvot était de leur accorder le plaisir absolu, celui de s’attacher à Lui. Le véritable plaisir ne résidait pas dans le goût des fruits, mais dans la consommation et l’appréciation de ces dons de D.ieu.

Tel était le moyen de Le servir et de se lier à Lui : le Plaisir Absolu.

Et là est la source de toute mauvaise action : lorsque, au lieu de considérer les plaisirs de ce monde comme un don de D.ieu, d’en profiter dans le service de D.ieu et de les utiliser comme un moyen de s’attacher à D.ieu, nous recherchons des plaisirs indépendants de toute relation à D.ieu.

En d’autres mots, l’objet du plaisir est-il nous-mêmes ou bien notre relation à D.ieu ?

Il y a une différence fondamentale entre avoir du plaisir et recevoir du plaisir.

S’il s’agit d’avoir du plaisir, peu importe d’où il provientIl y a une différence fondamentale entre avoir du plaisir et recevoir du plaisir.

S’il s’agit d’avoir du plaisir, peu importe d’où il provient. Avoir du plaisir est dénué de toute relation avec une réalité qui nous dépasse.

C’est simplement un désir égoïste de ressentir un plaisir particulier pour ce plaisir lui-même.

 

Recevoir du plaisir, en revanche, est quelque chose d’ancré dans le désir de l’âme de servir le dessein de D.ieu, qui est qu’elle ressente la joie ultime de se connecter à Lui.

Adam et Ève mangèrent du fruit défendu parce qu’ils se trompaient sur le but de leur existence

sur terre et, par voie de conséquence, sur ce qui est source de véritable plaisir en ce monde.

Ils n’avaient pas idée de ce qui pouvait apporter à leur vie du sens et de la joie.

Suite à leur erreur fatale, D.ieu leur dit : « Parce que vous avez mangé de l’arbre dont

Je vous avais commandé de ne pas manger, la terre est devenue maudite ». 

D.ieu ne punissait pas la terre à cause de la transgression d’Adam et Ève, Il les informait

que leur approche pervertie des plaisirs physiques avait transformé la terre en une source

de malédiction plutôt qu’en source de bénédiction pour eux et leurs descendants.

Selon notre manière de considérer le monde physique, celui-ci est maudit ou béniSelon notre manière de considérer le monde physique, celui-ci sera soit maudit, soit béni.

Si nous le voyons comme le vecteur d’une relation avec D.ieu, et si, en tant que service de D.ieu, nous recevons avec gratitude envers D.ieu les fruits délicieux dont il recèle, nous ressentirons la présence de D.ieu et le monde physique s’en trouvera béni. Le monde devient alors un pont entre l’humain et le divin.

Mais si nous nous focalisons sur la matière, faisant abstraction de toute relation avec D.ieu, et percevons à tort ce monde comme la source de nos plaisirs plutôt que comme une passerelle vers D.ieu, alors il devient une barrière entre nous et D.ieu et une malédiction pour nous.

Nous comprenons maintenant quelle fut la teneur de la faute d’Adam et Ève, et nous pouvons commencer à apprécier la façon dont nous pouvons contribuer à la réparer à Tou BiChevat.

Le jour de Tou BiChevat, une nouvelle sève commence à s’élever à l’intérieur des arbres. Et nous suscitons une abondance dans ce processus naturel lorsque nous célébrons cette fête.

Plus encore qu’un bébé désire téter, une mère veut allaiterLe Talmud dit que plus encore qu’un bébé désire téter, une mère veut allaiter.

Non seulement la mère éprouve-t-elle un immense plaisir dans le fait d’allaiter, mais le flot de son lait est généré par la tétée du bébé.

Plus le bébé désire téter, plus la mère a du lait à lui donner. Ce principe s’applique également à notre relation avec D.ieu.

D.ieu souhaite nous donner le plus grand de tous les plaisirs, qui est d’être connecté à Lui. Mais si nous ne reconnaissons pas qu’il s’agit-là du plus grand plaisir, et si nous ne le voulons pas, alors Il ne peut nous le donner. Bien sûr, D.ieu pourrait nous le donner tout de même, mais ce serait en pure perte, car nous n’en reconnaîtrions pas la teneur.

La force d’une bénédiction
 

À Tou Bichvat, nous prenons un fruit et, avant de le goûter, nous récitons une bénédiction : « Béni es-Tu, Eternel notre D.ieu, roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre. » En d’autres mots : « Toi, D.ieu, est la source de cette bénédiction. » En faisant cela, nous œuvrons à réparer la transgression d’Adam et Ève.

Lorsque je déguste une pomme dans cet état de conscience, je ressens naturellement la présence de D.ieu dans la matérialitéCar une pomme n’est pas seulement une pomme. Une pomme est une bénédiction.

Je peux peut-être croire que les pommes proviennent des arbres, mais une bénédiction ne peut provenir que de D.ieu.

Si je considère sérieusement le mystère et le miracle du goût, du parfum, de la beauté et des nutriments que cette pomme recèle, je m’aperçois qu’il y a là bien plus qu’un fruit : il s’agit d’un merveilleux cadeau divin.

Lorsque je déguste une pomme en étant conscient de cela, je ressens naturellement la présence de D.ieu dans la matérialité.

Quand je récite une bénédiction avant de manger pour exprimer ma reconnaissance que ma nourriture est un don de D.ieu, je révèle le divin qui s’y trouve et le plaisir physique transitoire est alors sublimé, car il est pénétré d’un plaisir spirituel éternel.

Dès lors, l’aliment ne nourrit plus seulement mon corps, mais aussi mon âme.

En revanche, si je mange sans dire de bénédiction, c’est comme si j’avais

volé cette nourriture.  Peut-être nourrira-t-elle mon corps et m’apportera-t-elle du plaisir,

mais elle ne fera rien pour mon âme. L’âme est seulement nourrie lorsqu’elle est amenée

à ressentir sa connexion éternelle avec D.ieu.

Tou Bichvat est un moment propice pour célébrer le fait que la consommation des fruits et

le plaisir qui l’accompagne peuvent être une passerelle vers le divin, et comment celle-ci

peut ramener la bénédiction ici-bas sur cette terre.

Lorsque nous dégustons les fruits de l’année écoulée comme de merveilleux cadeaux de

D.ieu et exprimons notre aspiration à la présence divine manifeste dans le fruit, nous sommes

comme le bébé qui tète le lait de sa mère avec grand appétit.

Nous puisons ainsi en grande abondance le « lait de la terre » : la sève dans les arbres s’élève avec profusion, de sorte qu’il y aura de nombreux fruits l’année prochaine.

À l’inverse d’Adam et Ève qui recherchèrent un plaisir distinct de D.ieu et firent du plaisir physique une barrière entre l’homme et D.ieu, à Tou BiChevat nous apprécions les fruits comme des cadeaux de D.ieu et vivons le plaisir qu’ils nous procurent comme une connexion avec D.ieu. Ainsi réparons-nous la faute d’Adam et Ève.

Nous libérons la terre de son destin d’être une malédiction pour nous, une barrière entre nous et D.ieu.

Nous la transformons en passerelle, de sorte qu’elle devient une source de bénédiction sous forme de plaisirs accordés par D.ieu.

Racines
par Haim Nisenbaum
 
Au cœur de notre hiver frileux, le 15 Chevat revient et, avec lui, c’est tout le frémissement de la vie qui saisit chacun.

Certes, une telle date, Tou Bichevat, le nouvel an des arbres, peut paraître quelque peu étonnante.

En ce temps de froidure, le début de renouveau annoncé semble nous échapper largement.

Il est pourtant bien présent, même si c’est à d’autres latitudes, celles de la terre d’Israël, qu’il se réfère.

Apparent ou non, Tou Bichevat est donc célébré avec tout l’éclat qu’il mérite et cette

célébration même fait question.

Il est ainsi décrit un nouvel an des arbres et cela devient un jour souligné par les hommes,

comme si ces derniers étaient directement concernés par l’événement ! De fait, c’est comme

un étrange rapport qui se noue ici entre l’homme et l’arbre.

Le texte de la Torah l’affirme en une sentence fameuse : “l’homme est un arbre des champs”.

L’image est claire : l’arbre, fermement ancré sur ses racines, grandit en harmonie au fil des ans,

sa beauté s’exprime dans ses fruits qui non seulement l’ennoblissent mais sont les garants de

sa pérennité puisque c’est à partir d’eux que de nouveaux arbres naîtront.

Un tel portrait ne peut manquer d’évoquer l’homme, décrivant les contours de sa vie :

cet être créé par D.ieu, qui se développe, donne les plus merveilleux des fruits par ses actions et s’assure une forme d’éternité par ses enfants, cet être qui a tant besoin de ses racines pour continuer à vivre pleinement.

Notre époque est, bien souvent, celle de l’immédiateté.

A tout vouloir dans l’instant, elle oublie parfois l’importance de la durée et que, sans passé, aucun avenir n’est possible.

Peut-être est-ce là une des raisons qui la conduisent à négliger le sort des racines, celles des arbres et celles des hommes ? En proie aux atteintes du temps, elles en viennent à dépérir peu à peu sans qu’on s’en aperçoive et l’être qu’elles portaient, végétal ou humain, se rend compte alors comme elles lui étaient nécessaires.

Voici revenu Toubichevat, le nouvel an des arbres : un jour aussi pour comprendre et mesurer sur quoi reposent croissance et progrès.

Fruits
par Haim Nisenbaum

 
La venue de Tou Bichevat, le 15 du mois de Chevat – « Nouvel An des arbres », soulève toujours une question traditionnelle :

faut-il vraiment parler de « nouvel an » voire en relever la date alors que, même s’il est réel, cela ne semble pas concerner, au moins directement, l’espèce humaine ? En quoi avons-nous rapport avec une célébration qui relève, au mieux, de l’ordre du végétal ?

Pourtant, ce jour est bien marqué par les textes et la tradition très généralement établie d’y consommer des fruits.

La réponse, comme souvent, tient en une partie de verset : « Car l’homme est un arbre des champs… » C’est certes là une proposition audacieuse. Au-delà de la préoccupation écologique avant la lettre, ce membre de phrase recèle une idée essentielle : il existe entre l’arbre et l’homme des points communs qui sont autant d’enseignements précieux.

De fait, l’arbre, solidement arrimé par ses racines à la terre nourricière, se développe

harmonieusement jusqu’à produire des fruits qui, plus que simples aliments,

apporteront à l’homme le sens du « plaisir » et du « délice ».

N’obtient-on pas ainsi un premier portrait de l’être humain dont le développement spirituel,

intellectuel et moral ne tient qu’à la robustesse de ses racines et à la qualité du sol où elles

s’enfoncent ?

Car existe-t-il un avenir pour les arbres sans passé ou pour les hommes à la trop courte

mémoire ou aux racines oublieuses ?

Dans le même sens, l’arbre arrive à sa plénitude par les fruits qu’il produit et qui sont

comme son couronnement.

C’est ainsi que se déroule la vie de l’homme qui ne prend sa pleine signification que si,

productrice d’avenir, elle est capable de transmettre, par ses fruits, à la génération suivante.

C’est dire que, comme l’arbre, l’homme est un être qui se cultive. Il est celui que les soins et l’attention perfectionnent, lui permettant d’exprimer l’infini de son potentiel.

Et si tout commençait par l’éducation, la sienne propre, celle de ses enfants et de son entourage ? Une éducation, au sens le plus noble et le plus large du terme qui donne une vision du monde, la capacité de le comprendre, la volonté de l’améliorer et la conscience de mener l’œuvre à bien.

Alors que le début de cette semaine est marqué par le 10 Chevat, anniversaire du décès du précédent Rabbi de Loubavitch et début de l’action de son successeur, le Rabbi, n’est-ce pas tout cela qui est en jeu ?

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